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Le réemploi

L’apport-cession : vendre par une holding et réinvestir

L’apport-cession reporte l’impôt sur la plus-value. Il ne l’efface pas, et il impose de réinvestir une partie du prix. Voici comment il fonctionne, et ce que vous pouvez faire du produit de la vente.

L’apport-cession, c’est vendre son entreprise par une holding : vous apportez vos titres à une société que vous contrôlez, et c’est elle qui les vend. Il intéresse le dirigeant qui veut réinvestir une large part du prix dans d’autres entreprises, ou garder le produit de la vente dans une structure familiale. Il convient mal à celui qui a besoin de tout le prix à titre personnel.

Le principe : le report d’imposition

Si vous vendez vous-même, la plus-value est imposée l’année de la vente : 31,4 % de prélèvement forfaitaire unique, plus la contribution exceptionnelle au-delà de ses seuils. Avec l’apport-cession, la plus-value est calculée au jour de l’apport, puis placée en report : l’impôt est figé, mais vous ne le payez pas tant que le report dure.

L’apport-cession pas à pas

  1. Vous créez ou utilisez une holding que vous contrôlez : plus de la moitié des droits, ou au moins un tiers sans qu’un autre associé ne détienne davantage.
  2. Vous lui apportez vos titres, contre des titres de la holding ; la plus-value d’apport est déclarée, puis mise en report.
  3. La holding vend les titres ; reçus à leur valeur du jour de l’apport, ils ne dégagent en principe pas de nouvelle plus-value si le prix est le même.
  4. Si la holding vend dans les 3 ans qui suivent l’apport, elle réinvestit au moins 70 % du prix dans une activité éligible, sous 3 ans, et conserve ce réinvestissement 5 ans.

La loi de finances pour 2026 a durci ces conditions : la part à réinvestir passe de 60 % à 70 %, le délai de 2 à 3 ans, la conservation de 12 mois à 5 ans. L’immobilier locatif, les activités financières et la gestion de patrimoine sont exclus du réinvestissement. Les cessions antérieures au 21 février 2026 restent soumises aux anciennes règles.

Un exemple calculé par le moteur de l’ordre de grandeur

  • Apport puis vente de 5 000 000 € de titres par la holding, plus-value égale au prix, personne seule.
  • Impôt placé en report : environ 1 758 000 €, figé au jour de l’apport.
  • À réinvestir sous 3 ans : environ 3 500 000 € ; librement disponible dans la holding : environ 1 500 000 €.

Comparer avec la vente directe dans l’ordre de grandeur

Quand le report prend fin

L’impôt en report devient exigible si vous vendez, faites racheter ou annuler les titres de la holding, ou si la condition de réinvestissement n’est pas tenue. Il est alors calculé avec les règles de l’année de l’apport : le montant est figé.

Si vous donnez les titres de la holding, vous êtes définitivement exonéré de la plus-value en report, et le report passe à celui qui les reçoit. Il est imposé s’il cède, apporte, fait rembourser ou annuler ces titres dans les 6 ans qui suivent la donation, 11 ans en cas d’investissement dans des fonds de capital-investissement. Ces délais valent pour les cessions de titres apportés à compter du 21 février 2026.

Le réemploi : ce que vous pouvez faire des 70 %

  • Financer une activité exercée par la holding elle-même, si elle devient opérationnelle.
  • Acheter les titres d’une société opérationnelle, en en prenant le contrôle.
  • Souscrire à l’augmentation de capital de sociétés opérationnelles.
  • Souscrire des parts de fonds de capital-investissement, si au moins 75 % de leur actif est investi dans des sociétés éligibles (art. 150-0 B ter du CGI, art. 11 de la loi n° 2026-103 du 19 février 2026).

Les 30 % librement disponibles

La part libre reste dans la holding, où elle peut être placée ; ses revenus sont imposés à l’impôt sur les sociétés. Pour en disposer à titre personnel, la holding doit vous la verser : rémunération, dividendes, remboursement de compte courant, chacun avec son imposition. Le chapitre IV décrit comment placer le produit de la vente.

Après le réemploi : la holding et la famille

Après la vente, la holding porte le produit de la cession. Elle peut associer vos enfants, recevoir des donations de titres en nue-propriété, organiser les pouvoirs entre vous et eux : le chapitre III traite de la holding familiale.

Limites et risques

  • Un report d’imposition n’est pas une exonération : l’impôt reste dû si le report prend fin.
  • Le réinvestissement porte sur des entreprises, souvent non cotées : leur valeur peut baisser, et vous pouvez perdre tout ou partie de la somme investie.
  • Les parts de fonds sont bloquées plusieurs années et ne se revendent pas à tout moment.
  • Un délai manqué, réinvestir sous 3 ans ou conserver 5 ans, met fin au report.
  • Une distribution trop rapide de la part libre peut être regardée comme un abus de droit (art. L. 64 du LPF).

Trois structures, côte à côte

Vente directe, apport-cession, donation avant cession : ce qui change. Règles détaillées aux chapitres II et III.
Impôt sur la plus-value
Vente directePayé l’année de la vente
Apport-cessionReporté, figé au jour de l’apport
Donation avant cessionPurgé sur la part donnée
Autre imposition
Vente directe—
Apport-cession—
Donation avant cessionDroits de donation
Contrainte principale
Vente directeAucune
Apport-cessionRéinvestir 70 % si vente sous 3 ans
Donation avant cessionDonation réelle, avant tout accord
Délais
Vente directe—
Apport-cession3 ans pour réinvestir, 5 ans de conservation
Donation avant cessionAvant la signature
Pour qui
Vente directeBesoin de liquidités personnelles
Apport-cessionProjet d’investir ou de transmettre
Donation avant cessionProjet familial

Ce que Zolias fait ici

Nous chiffrons la vente directe et l’apport-cession côte à côte, en net pour vous.

Nous construisons le calendrier de réinvestissement et le plan de placement de la part libre.

Nous coordonnons votre avocat pour l’apport et votre expert-comptable pour la holding.

Ce que l’entretien regarde en premier

  • Ce que vous voulez faire du prix : réinvestir dans des entreprises, ou en disposer à titre personnel.
  • La date envisagée pour l’apport, au regard de l’avancement de la vente.
  • La holding : à créer, ou déjà existante, et ce qu’elle détient.

Questions fréquentes

Faut-il créer une holding avant de vendre son entreprise ?

Pas toujours. L’apport-cession est utile si vous voulez réinvestir une large part du prix ou garder le produit de la vente dans une structure familiale. Si vous avez besoin de tout le prix à titre personnel, la vente directe est souvent plus simple.

Que se passe-t-il si la holding ne réinvestit pas à temps ?

Si la holding vend dans les 3 ans de l’apport et ne réinvestit pas 70 % du prix sous 3 ans, le report prend fin : l’impôt figé au jour de l’apport devient exigible (art. 150-0 B ter du CGI).

Peut-on réinvestir dans l’immobilier locatif ?

Non. Pour les cessions à compter du 21 février 2026, les activités immobilières, financières et la gestion de son propre patrimoine sont exclues du réinvestissement (art. 11 de la loi n° 2026-103 du 19 février 2026).

L’apport-cession supprime-t-il l’impôt ?

Non. Il le reporte : l’impôt est calculé au jour de l’apport et devient exigible si vous vendez les titres de la holding ou si une condition n’est pas tenue.

Chaque cession a ses chiffres. Le premier entretien sert à poser les vôtres.